THELONIUS PREND LE POULS DE NEW YORK

Je tiens cette histoire de Wayne Douckery (qui joua avec Joe Henderson entre autres).
Thelonious Monk sortait dans NY, se positionnait à des croisements et écoutait les sons engendrés par le trafic. Il rentrait alors chez lui pour composer en fonction de ce qu’il avait perçu.

CARNEGIE QUOI ?

Nous sommes à New York un soir de novembre 1946. Marcel Cerdan prépare son match au Madison Square Garden (Il combattra contre Abrams le 6 décembre et, bien que malade, gagnera aux points en 10 rounds en étant si épuisé que l’arbitre le tira au centre du ring et lui leva les bras pour la victoire). Django Reinhardt et lui boivent des verres tout heureux de se rencontrer.

Le temps passe et Django réalise qu’il est invité à jouer ce soir-là au Carnegie Hall avec Duke Ellington. Il saute dans un taxi et comme il ne parlait pas anglais, le chauffeur ne comprend pas la destination. A chaque impasse, Django cherche à prononcer « Carnegie Hall » sans y arriver. Finalement le taxi finit par comprendre et Duke (qui avait prolongé son concert d’au moins une heure pour l’attendre) l’accueillit pour finir le show.

SONNY ROLLINS FAIT LE PONT

Le Williamsburg bridge résonne encore du rythme syncopé de Sonny Rollins lors de sa retraite quasi monacale de cinquante neuf : au sommet de sa gloire les clapets de son saxo s’étaient agités frénétiquement pendant plus de deux ans à l’abri de la voute d’acier avec pour seuls public les fantômes métalliques. La légende raconte que lorsqu’il entendait une sirène de navire, il composait à partir de cette note.

« SUNNY », L’ORIGINE

La chanson « Sunny » a été écrite en 1966 par Bobby Hebb à la suite de deux événements funestes consécutifs : l’assassinat de JFK en 63 et, le lendemain, le décès de son frère aîné Harold, poignardé à l’extérieur d’une boîte de nuit à Nashville-Tennessee. Effondré, l’auteur a écrit Sunny comme une quête d’optimisme. « Tout ce que je voulais, c’était de penser à des temps meilleurs, un jour meilleur ».

Le succès de la chanson a été immédiat, ce qui a eu pour conséquence pour Hebb une tournée avec les Beatles.

J’apprécie personnellement la version de James Brown.

MONK, L’INDECIS

Monk ne se décidait qu’après les enregistrements pour attribuer un titre à ses morceaux. Une forme de «brain storming» était organisé avec ses musiciens et cela donnait Let’s call this devant sa perplexité à en trouver un « let’s call this… let’s call this… » (appelons-la… appelons-la…) ; Think of one (cherches-en un) s’adressant à l’un de ses musiciens devant sa lassitude à en trouver un.