NEW YORK, LA VAMP

Mon arrivée à New-York m’a fait l’effet d’un uppercut, sans gong pour reprendre mon souffle.

New York n’est pas cette femme bien en chair dressée sur Liberty Island habillée d’une robe de pierre trop chaste, fruit d’un sculpteur français touché par la grâce. New York est une vamp, une star caractérielle vous fouettant le sang. Egocentrique, jalouse, cruelle, orgueilleuse, outrageusement maquillée par la multitude de signaux clignotants publicitaires de Broadway à Time Square, aux pupilles de tigresse reflet des squelettes métalliques bronze de quartiers invraisemblables sur fond de briques rouges et de ciment noirci, aux cinq ponts d’acier suspendus, griffes acérées suturant la chair de Manhattan de peur que les plaies béantes de son génie ne se déchirent irréversiblement. Une perverse dont le talent est celui de l’instantané, où le pire côtoie le sublime, le paria l’homme de Wall Street. Dont l’Hudson et l’East river constitueraient la traîne d’une mariée oscillant entre le vaporeux les jours d’été, l’opalescence l’automne et le blanc immaculé les jours d’hivers. Une volage sniffant le flux épais d’une suractivité permanente et recrachant une énergie vitale porteuse d’espoirs et ayant plus d’une fois croqué la pomme.

Mais « Big Apple » ne tire pas son origine de là, de sa forme vue d’avion, ou d’une interférence de Steve Jobs mais bien d’une légende née dans les clubs de jazz où des fonds de bourbon m’attendent : les musiciens de passage étaient tellement intimidés qu’ils avaient une « grosse pomme » dans la gorge les empêchant de souffler avec plénitude.

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Thel goes to Miami!

Un voyage qui a inspiré une scène de « Il n’est jamais trop tard » : rencontre entre Thel et un psychiatre, pour évaluer le cas du meurtrier présumé.

LOVE MONEY

Amour…consacre Jean-Louis Trintignant…

Il m’est arrivé une drôle d’histoire avec lui.

J’étais vendeur au Duty Free Shop de Djibouti, en 1978, pour payer ma moto. Je faisais souvent les vols de nuit, notamment un Air France qui rentrait des Seychelles avec escale à Djibouti vers quatre heures du matin. Il va sans dire que peu de gens descendaient au Duty Free car ils dormaient… Je m’ennuyais ferme derrière mon comptoir quand je vis débarquer Trintignant, au bras d’une jolie blonde. Je me souviens qu’il m’avait acheté une bouteille de Drambuie.

On discute, il me pose des questions sur Djibouti. je lui raconte alors que le gouvernement venait de refuser la consommation de khât. Il me demande alors ce que c’est. Je lui explique que c’est une plante qu’on mâche, originaire du Yémen, et qui a des vertus aphrodisiaques (l’homme est en érection plusieurs heures de suite). Je vois alors les yeux de sa compagne rouler de plaisir. Il me donne alors cinquante francs de l’époque (équivalent de 150€ de nos jours) et me dit : “Nous avons tous essayé, pourquoi pas une nouvelle découverte. Vous avez une bonne gueule, voici 50 francs, je vous fais confiance et ramenez-en. J’habite au 14 rue d’Hauterive.”

Le lendemain, j’en parle à mon père qui m’explique alors que le khât est rigoureusement interdit par les douanes françaises, devant la coke. Je ne peux donc tenir ma promesse.

En 1980, je me rends aux 24h du Mans. J’aperçois Trintignant en contrebas et je m’époumone pour lui expliquer ce qui s’est passé. Il ne m’entend pas. Je vérifie, il n’est plus à cette adresse.

Si quelqu’un peut lui faire suivre ce message… j’ai son argent!

JL-Trintignant