Blue-Note-Jazz-Club

LA CRISE PEUT-ELLE INSUFFLER DE NOUVEAUX ELANS CREATIFS ?

A titre d’exemple, le jazz n’est qu’une histoire de racisme. Celui des plantations et des producteurs juifs.

A l’aube du siècle précédent, les minorités noires et juives se côtoyaient à Chicago. Les Juifs fuyaient les Pogroms d’Europe Centrale. Les Noirs, les lynchages du Sud. Ces derniers avaient juste assez pour louer des taudis dans le South Side, puis débordèrent sur les quartiers Nord et Sud du ghetto, côtoyant une population juive déjà bien implantée.

Plus instruits, et face au refus d’embauche des grandes multinationales, autant par protectionnisme qu’antisémitisme – Henri Ford en tête -, les Juifs s’engouffrèrent dans l’industrie naissante du rêve, où pas un banquier n’aurait misé un nickel : le disque et le cinéma. William Fox, les frères Warner, Samuel Goldwin… Tous anciens poissonniers, fourreurs… Une solidarité avait du reste réuni les grands cinéastes qui fuyaient le régime nazi, Fritz Lang, Charlie Chaplin et Marlène Dietrich en tête.

Si les Juifs migrèrent professionnellement, ils gardèrent leurs actifs. Les Noirs faisaient ainsi leurs emplettes dans les boutiques juives et ne les considéraient pas comme des Blancs. Le leitmotiv : « Vous aussi, vous étiez des esclaves avant nous ». Ces boutiquiers étaient aux premières loges pour capter les nouvelles vibrations de l’après guerre de ces musiciens noirs faisant la manche. « Le street wise », ou “street smart”. Les Juifs devinrent naturellement leurs producteurs. A titre d’exemple, le label Blue Note – propriété d’Alfred Lions et Francis Wolff- deux Juifs allemands émigrés, offrit sa chance à de nombreux jeunes musiciens de jazz noirs. Si je parodiais, le blues serait né de la fusion Black and Jews.

J’imagine que nous ne tarderons pas à assister à la naissance de nouvelles tendances créatives, picturales, musicales, suite au brassage des migrations massives de victimes de cracks boursiers de toutes races et religions, incapables de s’acquitter des crédits et qui s’entassent dans de nouveaux ghettos.