LOVE MONEY

Amour…consacre Jean-Louis Trintignant…

Il m’est arrivé une drôle d’histoire avec lui.

J’étais vendeur au Duty Free Shop de Djibouti, en 1978, pour payer ma moto. Je faisais souvent les vols de nuit, notamment un Air France qui rentrait des Seychelles avec escale à Djibouti vers quatre heures du matin. Il va sans dire que peu de gens descendaient au Duty Free car ils dormaient… Je m’ennuyais ferme derrière mon comptoir quand je vis débarquer Trintignant, au bras d’une jolie blonde. Je me souviens qu’il m’avait acheté une bouteille de Drambuie.

On discute, il me pose des questions sur Djibouti. je lui raconte alors que le gouvernement venait de refuser la consommation de khât. Il me demande alors ce que c’est. Je lui explique que c’est une plante qu’on mâche, originaire du Yémen, et qui a des vertus aphrodisiaques (l’homme est en érection plusieurs heures de suite). Je vois alors les yeux de sa compagne rouler de plaisir. Il me donne alors cinquante francs de l’époque (équivalent de 150€ de nos jours) et me dit : “Nous avons tous essayé, pourquoi pas une nouvelle découverte. Vous avez une bonne gueule, voici 50 francs, je vous fais confiance et ramenez-en. J’habite au 14 rue d’Hauterive.”

Le lendemain, j’en parle à mon père qui m’explique alors que le khât est rigoureusement interdit par les douanes françaises, devant la coke. Je ne peux donc tenir ma promesse.

En 1980, je me rends aux 24h du Mans. J’aperçois Trintignant en contrebas et je m’époumone pour lui expliquer ce qui s’est passé. Il ne m’entend pas. Je vérifie, il n’est plus à cette adresse.

Si quelqu’un peut lui faire suivre ce message… j’ai son argent!

JL-Trintignant