LOVE MONEY

Amour…consacre Jean-Louis Trintignant…

Il m’est arrivé une drôle d’histoire avec lui.

J’étais vendeur au Duty Free Shop de Djibouti, en 1978, pour payer ma moto. Je faisais souvent les vols de nuit, notamment un Air France qui rentrait des Seychelles avec escale à Djibouti vers quatre heures du matin. Il va sans dire que peu de gens descendaient au Duty Free car ils dormaient… Je m’ennuyais ferme derrière mon comptoir quand je vis débarquer Trintignant, au bras d’une jolie blonde. Je me souviens qu’il m’avait acheté une bouteille de Drambuie.

On discute, il me pose des questions sur Djibouti. je lui raconte alors que le gouvernement venait de refuser la consommation de khât. Il me demande alors ce que c’est. Je lui explique que c’est une plante qu’on mâche, originaire du Yémen, et qui a des vertus aphrodisiaques (l’homme est en érection plusieurs heures de suite). Je vois alors les yeux de sa compagne rouler de plaisir. Il me donne alors cinquante francs de l’époque (équivalent de 150€ de nos jours) et me dit : “Nous avons tous essayé, pourquoi pas une nouvelle découverte. Vous avez une bonne gueule, voici 50 francs, je vous fais confiance et ramenez-en. J’habite au 14 rue d’Hauterive.”

Le lendemain, j’en parle à mon père qui m’explique alors que le khât est rigoureusement interdit par les douanes françaises, devant la coke. Je ne peux donc tenir ma promesse.

En 1980, je me rends aux 24h du Mans. J’aperçois Trintignant en contrebas et je m’époumone pour lui expliquer ce qui s’est passé. Il ne m’entend pas. Je vérifie, il n’est plus à cette adresse.

Si quelqu’un peut lui faire suivre ce message… j’ai son argent!

JL-Trintignant

LA CRISE PEUT-ELLE INSUFFLER DE NOUVEAUX ELANS CREATIFS ?

A titre d’exemple, le jazz n’est qu’une histoire de racisme. Celui des plantations et des producteurs juifs.

A l’aube du siècle précédent, les minorités noires et juives se côtoyaient à Chicago. Les Juifs fuyaient les Pogroms d’Europe Centrale. Les Noirs, les lynchages du Sud. Ces derniers avaient juste assez pour louer des taudis dans le South Side, puis débordèrent sur les quartiers Nord et Sud du ghetto, côtoyant une population juive déjà bien implantée.

Plus instruits, et face au refus d’embauche des grandes multinationales, autant par protectionnisme qu’antisémitisme – Henri Ford en tête -, les Juifs s’engouffrèrent dans l’industrie naissante du rêve, où pas un banquier n’aurait misé un nickel : le disque et le cinéma. William Fox, les frères Warner, Samuel Goldwin… Tous anciens poissonniers, fourreurs… Une solidarité avait du reste réuni les grands cinéastes qui fuyaient le régime nazi, Fritz Lang, Charlie Chaplin et Marlène Dietrich en tête.

Si les Juifs migrèrent professionnellement, ils gardèrent leurs actifs. Les Noirs faisaient ainsi leurs emplettes dans les boutiques juives et ne les considéraient pas comme des Blancs. Le leitmotiv : « Vous aussi, vous étiez des esclaves avant nous ». Ces boutiquiers étaient aux premières loges pour capter les nouvelles vibrations de l’après guerre de ces musiciens noirs faisant la manche. « Le street wise », ou “street smart”. Les Juifs devinrent naturellement leurs producteurs. A titre d’exemple, le label Blue Note – propriété d’Alfred Lions et Francis Wolff- deux Juifs allemands émigrés, offrit sa chance à de nombreux jeunes musiciens de jazz noirs. Si je parodiais, le blues serait né de la fusion Black and Jews.

J’imagine que nous ne tarderons pas à assister à la naissance de nouvelles tendances créatives, picturales, musicales, suite au brassage des migrations massives de victimes de cracks boursiers de toutes races et religions, incapables de s’acquitter des crédits et qui s’entassent dans de nouveaux ghettos.

HERBIE HANCOOL

Herbie Hancock a joué avec de nombreux grands jazzmen dans les années 1960 et a rejoint le Miles Davis quintet, avec lequel il a redéfini le rôle de la section rythmique. Il a également été un des premiers à utiliser les synthétiseurs et le scratch. Malgré ses expérimentations, la musique d’Herbie Hancock est restée mélodique et accessible, rencontrant parfois des succès commerciaux importants, avec en particulier les morceaux Cantaloupe Island, Watermelon Man, Chameleon et Rock it. Bertand Tavernier me racontait qu’il était très cool et zen. Rien ne le démontait.

SUGAR MAN

Ce n’est pas le nom d’un boxeur, mais le titre d’un long métrage récemment primé aux oscars. A voir absolument!

L’histoire d’un musicien contemporain de Bob Dylan , meilleur que lui selon moi, mais dont la carrière n’a jamais décollé, et qui devient une idole à son insu en Afrique du Sud et en Australie. Alors que tout le monde le croyait mort (immolé sur scène racontait la légende), un sud africain part à sa recherche et, finalement, fini par le retrouver. Je ne vous raconte pas la fin, mais sachez que c’est un pur moment de bonheur !

XP SUGAR MAN 120

A COTE DE SES POMPES !

Je tiens cette histoire de Lucas Floréal, excellent sax ténor du groupe de Doc Amiel (le pape de l’orchestre !). Charlie Parker (camé ? fatigué ?) était tellement naze qu’il s’endort en plein concert de son groupe sous la scène. Son inconscient-en roue libre- lui signale tout a coup que c’est à lui de jouer. Il grimpe prestement, rejoint son groupe et joue… en chaussettes ! (Il avait oublié de mettre ses pompes.)

L’AUTOMNE AU PRINTEMPS

Miles a traversé le temps.

A 19ans, il joue avec Charlie Parker. En 59, il produit le mythique «Kind of Blue» en compagnie de John Coltrane et Cannonball Adderley.

Festival de notes bleues et jamais de notes noires. Puis il se met au «funk/rock». Il devient acariâtre, tourne le dos à son public, écourte ses concerts; laissant ce pauvre Marcus Miller se débrouiller tout seul. Mais il a traversé le temps.

Et il continue…

Découvrez cet enregistrement rare de Miles Davis & Cannonball Adderley pour accompagner la fin de l’automne :

HOLIDAY « INN »

LESTER YOUNG -The saxophoniste- tombe sous le charme de BILLIE HOLIDAY. Il la protège comme un véritable gentleman. Il la surnomme « Lady » et ajoute « Day » pour Holiday. Elle le trouve tellement charmant et attentionné qu’elle cherche à son tour un surnom. Elle pense alors au plus grand homme du moment, Franklin D Roosevelt. Lester deviendra « Prez ».

Retrouvez dans cette vidéo pleine d’authenticité, datant de 1957, le duo à l’œuvre.

A DEUX DOIGTS PRES !

En 1928 un incendie se déclare dans la roulotte où le Django Reinhardt vit en compagnie de sa première femme, Bella Baumgartner. Les fleurs en celluloid — matière très inflammable — que celle-ci vend s’enflamment au contact d’une bougie renversée, détruisant la caravane et blessant assez gravement ses deux occupants. Django surtout est sérieusement atteint à la jambe droite et à la main gauche. Celle-ci cicatrisant très difficilement, il reste près de 18 mois à l’hôpital, où les médecins prédisent qu’il ne pourra plus jamais rejouer de musique. On doit finalement brûler sa main au nitrate d’argent pour provoquer la cicatrisation. Django a perdu l’usage de deux doigts, mais s’obstine néanmoins, et après 6 mois de travail sans relâche il développe une technique nouvelle sur la guitare que son frère Joseph lui a apportée en guise d’outil de rééducation. Elle fera le tour du monde et l’admiration de tous.

PAS D’AUTEURS, PAS DE LIVRES / LA LETTRE DES ECRIVAINS

LETTRE DU CONSEIL PERMANENT DES ECRIVAINS (CPE), publiée dans la presse le 17 mars 2015.

« Bonjour à tous et à toutes,

Mardi 17 mars, le Conseil permanent des Ecrivains a publié dans la presse une « lettre ouverte à ceux qui oublient qu’il faut des auteurs pour faire des livres », afin d’alerter l’opinion sur la condition des auteurs de l’écrit, et principalement :

– La faiblesse des revenus

– L’inquiétude concernant les réformes sociales

– La fragilisation du droit d’auteur en Europe

Pour la première fois, s’unissent tous les auteurs du livre, tous secteurs éditoriaux confondus, et toutes les associations, syndicats et sociétés qui les représentent.

C’est une première historique au salon du livre, qui démontre une solidarité extraordinaire. Nous sommes heureux que cette lettre ouverte ait recueilli plus de 1740 signatures d’auteurs, et que d’autres secteurs de la chaîne du livre, en particulier des libraires, des bibliothécaires, mais aussi des éditeurs, aient souhaité également s’y associer.

Réjouissons-nous que cette lettre réunisse des auteurs à succès, des lauréats de grands prix nationaux et internationaux, et des membres du jury de prestigieux prix littéraires : l’intérêt personnel ne peut être la motivation de l’engagement, d’aucun engagement collectif, sous peine de confier aux seuls plus précaires la défense de leur dignité.

> Les points fondamentaux de cette "lettre ouverte"

Les auteurs qui souhaitent ajouter leur signature peuvent envoyer leur nom en mentionnant « auteur, je signe » à l’adresse pasdauteurspasdelivres@gmail.com

THELONIUS PREND LE POULS DE NEW YORK

Je tiens cette histoire de Wayne Douckery (qui joua avec Joe Henderson entre autres).
Thelonious Monk sortait dans NY, se positionnait à des croisements et écoutait les sons engendrés par le trafic. Il rentrait alors chez lui pour composer en fonction de ce qu’il avait perçu.